
Un plan d'assortiment est la sélection structurée de produits qu'une marque ou une enseigne propose à un canal ou à un point de vente donné. C'est le pont entre la collection créée et ce qui est réellement mis en vente, canal par canal.
Bien construit, il réduit les ruptures et les démarques et améliore le taux d'écoulement. Mal aligné avec le plan de collection, il produit l'inverse. Ce guide en donne la définition, les types et la méthode.
Qu’est-ce qu’un plan d’assortiment ?
Concrètement, c'est un exercice de merchandising : il traduit une collection et un plan financier en une offre localisée, pour un canal et un groupe de points de vente donnés, sur une période donnée — souvent une saison.
Il se construit à partir de trois intrants : la collection disponible, la demande (historique et tendances, par canal et par magasin) et le budget d'achat — l'open-to-buy (OTB) — fixé par la planification financière des marchandises (MFP).
Trois dimensions le structurent :
Largeur : le nombre de familles ou de besoins couverts.
Profondeur : le nombre de références et de variantes (tailles, coloris, formats) dans chaque famille.
Ampleur : le total de l'offre, soit largeur × profondeur moyenne.
On distingue deux niveaux : le plan d'assortiment produit (le quoi : familles, modèles, coloris, tailles) et le plan d'assortiment opérationnel (le où et combien : allocation par magasin, cluster, canal et livraison).
Enfin, quatre notions à ne pas confondre :
la collection (tout ce qui est créé pour une saison),
l'assortiment (ce qui est réellement proposé à un point de vente),
le plan de collection (familles, modèles, prix, calendrier) et
le plan d'assortiment (la déclinaison de la collection en offre localisée). Il s'inscrit dans une stratégie d'assortiment plus large.
Les types d’assortiment : large, profond, restreint
On distingue trois grands types d’assortiment, souvent combinés selon le canal :
Type | Caractéristique | Idéal pour | Exemple |
Large | Beaucoup de familles et de références, profondeur limitée | Couvrir des besoins variés | Hypermarché, marketplace généraliste |
Profond | Peu de familles, beaucoup de variantes (tailles, coloris, formats) | Spécialistes d’une catégorie | Enseigne de chaussures de sport |
Restreint (ciblé) | Sélection resserrée, forte cohérence | Marques premium, corners | Boutique de créateur |
Large et profond | Étendue de gamme + variantes | Leaders full-range | Grand e-commerce mode ou beauté |
À retenir — Le bon type d’assortiment n’est pas le plus étendu, mais celui qui colle à la demande du canal et au budget d’achat.
Comment construire un plan d’assortiment efficace ?
Une méthode en cinq temps, valable au-delà de la mode :
Partir de la demande par canal (ventes, tendances) — pas uniquement du plan créa.
Définir la largeur et la profondeur cibles par catégorie et par canal.
Caler l’assortiment sur le budget d’achat (OTB) et la planification financière des marchandises.
Aligner le plan d’assortiment sur le plan de collection pour éviter les écarts créa ↔ achat.
Mesurer et ajuster en continu avec quelques KPI clés.
KPI utiles (exemples illustratifs à adapter à votre secteur) :
Taux de couverture tailles = (tailles disponibles ÷ tailles prévues) × 100 — ex. 17/20 = 85 %
Sell-through (taux d'écoulement) = (unités vendues ÷ unités reçues) × 100 — ex. 700/1 000 = 70 %
GMROI = marge brute ÷ coût moyen du stock — ex. 500 k€ / 200 k€ = 2,5 (soit 2,5 € de marge par euro investi en stock)
Adaptez ces repères au secteur : mode (tailles, coloris), agroalimentaire (DLC, saisonnalité), cosmétique (teintes, réglementation), biens de consommation (formats). Un logiciel de planification et la planification visuelle industrialisent ces arbitrages.
À retenir — Un plan d’assortiment se pilote comme un flux : il part de la demande, se cale sur le budget et s’ajuste avec des KPI, pas une fois par saison.
Plan d’assortiment vs planification de collection : 5 signes de divergence
La collection est créée ; l’assortiment est vendu. Quand les deux divergent, cela se paie deux fois : en ventes perdues sur les ruptures, et en démarques sur le surstock. Dans l’habillement, une part importante des articles finit vendue en promotion plutôt qu’au prix plein, ce qui pèse directement sur la marge.
Ce désalignement n’est pas un problème de création, mais de pilotage. Quand la collection et l’assortiment sont planifiés séparément, sur des fichiers différents et sans donnée de demande partagée, l’écart ne devient visible qu’une fois les commandes passées — trop tard pour le corriger sans démarque. Les cinq signes ci-dessous permettent de le repérer bien plus tôt. Les seuils sont indicatifs, à calibrer selon votre secteur.
1. Best-sellers en rupture, surstock ailleurs. Couverture tailles du top 20% < 85% → réallouer la profondeur.
2. Démarque de fin de saison élevée. Sell-through < 60 % à mi-saison → revoir le mix et l’allocation avant l’achat.
3. Largeur qui explose sans profondeur. Écart > 10 % vs le plan de largeur par canal → arbitrer largeur / profondeur voire rationaliser la gamme.
4. Écart entre plan de collection et achats réels. Dérive coût/marge > 3 points → réconcilier plan créa et OTB.
5. Décisions en silos. Plus d’un référentiel pour l’assortiment → unifier le pilotage.
À retenir — Les cinq signes ont une cause unique : la collection et l' assortiment sont pilotés sur des fichiers séparés, sans donnée de demande partagée.
Aligner collection et assortiment
Les cinq signes de divergence ont une cause commune : la planification de collection (créa) et la planification d’assortiment (commerce) vivent dans des outils distincts, sans donnée de demande partagée. Tant que les deux plans restent séparés, l’écart réapparaît chaque saison.
Centric supprime cette cause à la racine en réunissant les deux sur une même plateforme :
La collection se construit visuellement dans Centric Visual Boards et l’assortiment se planifie sur les mêmes données dans Centric Planning — plan créa et plan d’achat cessent de diverger.
Connecté à la demande réelle par canal et par magasin, l’outil arbitre largeur, profondeur et allocation avant l’achat, pas en fin de saison.
Résultat concret : moins de ruptures sur les best-sellers, moins de démarques, plus de ventes au prix plein.
Les distributeurs qui pilotent l’assortiment via Centric Visual Boards réduisent jusqu'à 90 % le temps de mise à jour du plan d'assortiment produit.
